Accueil Coye29BlogAlbumsPhotos du FestivalContactS'inscrireSe connecter
  • Accueil Coye29
  • Blog
  • Albums
  • Photos du Festival
  • Contact

  • S'inscrire
Le Blog Coye29
Festival théâtral

OPERA LANGUE

OPERA LANGUE
Par Catherine JarigeLe 27/05/2012Dans Festival théâtral

de Laurent Colomb
par la Compagnie Les Lucioles
Mise en scène : Laurent Colomb


FAUT-IL SAUVER LE LLLLANGAGE ?
Ou LE MEGAVOCABULOCIPÈDE

 

Six acteurs –des enfants en quête d’auteur (ou de père ?) - alignés sur la scène, ont joué Opéra langue de Laurent Colomb, comme en « version de  concert » : le jeu frontal assumé met en valeur le mouvement intérieur, les désirs, les rêves et frustrations, mais aussi les fantasmes du philosophe ; la parole est relayée ou condensée, scandée ou déformée, tissée en une  polyphonie complexe,  et l’on admire les comédiens qui ont appris par cœur une telle partition.. Un travail considérable sur l’émission de parole, du souffle  au mot, en passant par le cri sidérant,  traduit spectaculairement la naissance du langage dans l’imaginaire Rousseauiste.

Plus rêveur et passeur d’idées que véritablement philosophe, le personnage de Rousseau nous donne à voir la souffrance existentielle d’un homme qui se sentait traqué par les autres, lui l’ami des hommes. Mais le texte  ne se départit jamais d’un humour et d’une joie constants. Sa mise en question de la langue passe par le questionnement anthropologique,  effleure le métaphysique et aboutit au politique  et à l’éthique.

Source ou conséquence de la vie sociale, le langage humain avait pourtant bien commencé, dans le vieux jardin,  du côté de l’amour ; mais -punition divine de Babel- il  a dévoyé l’homme de sa nature originelle et l’a acculé à la dépravation. Usages commerciaux, livres, appareil des lois,  harangues, croyances,tyrannie, et tout l’édifice construit par la raison  finit par apparaître au personnage philosophe comme une véritable catastrophe. Jusque là accroché à ses béquilles (herbier, rêve, moi), il doit se rendre à l’évidence : l’homme a perdu sa nature, il veut revenir… On se rappelle la plainte du Gorille d’après Kafka qui criait à la fin son désir de « retourner » et c’est impossible… Mais dans Opéra langue, l’enfant-placard, autiste entravé dans sa difficulté de communiquer, détiendrait pourtant une clef redonnant l’espoir de renouer avec une langue « naturelle ».


 
Le propos, la mise en scène, l’oralité, tout a surpris et désorienté un public très partagé mais touché de cette première. Si certains ont su se laisser porter par les sons du langage, ouvrir leurs « écoutilles » -les trous de l’âme -aux sensations et suivre la « démarche sensible » de Laurent Colomb, d’autres ont perdu le sens  très vite et se sont plaints de n’avoir rien compris.  L’engagement total des comédiens, les trouvailles de mise en scène, (la marche de l’évolution, les automates, le potager de poche, la vaticination de Merluche fée sorcière), l’humour , les jeux de langage , la distance ironique vis à vis de ces grandes questions, les contrastes de personnages et la belle musique contemporaine  des voix, étaient –me semble-t-il des incitations et des guides suffisants . On peut ressortir frustré d’un tel spectacle si bruissant , si truculent ; il faudrait  en effet le revoir pour en saisir toutes les subtilités.

Et, pour une autre approche de la question du langage humain, allons lire Rousseau… et tous les autres.



 OPÉRA LANGUE De Laurent Colomb
 

Sur le même sujet

  • André et Dorine
  • Le Misanthrope (vs politique)
Partager X WhatsApp Courriel

5 commentaires

Evaluations des utilisateurs
5 étoile:
 
(1)
4 étoile:
 
(0)
3 étoile:
 
(0)
2 étoile:
 
(0)
1 étoile:
 
(0)
1 note
Evaluation moyenne des utilisateurs:
(5.0)

Commentaire deGrand duke

Rousseau, le langage, les sciences, les arts … Il parait que c’était le sujet de la pièce de ce soir.
Pièce pour érudit capable à demi-mot, que dis-je centième de mot de se repérer dans Rousseau, d’en rire ou sourire. L’auteur metteur en scène était juste derrière moi et me faisait doucement m’enfoncer dans mon fauteuil à chaque rire ou sourire de sa part qui me posait question. J’ai choisi de me laisser porter par la musicalité et de saisir au vol quelques bribes.
On se dit : étonnant, surprenant, perplexe, stupéfait, impressionnant, énigmatique, accouchement douloureux pour gravir le chemin jusqu’à la phrase, (aussi douloureux pour les cordes vocales des acteurs).
Basse cour ou zoo ou cour d’école, c’est bien là que prend forme le langage ? Toc, je me rattrape dans l’histoire. Un peu léger, mais je m’en contente, la voix est si belle. Adam et Eve chassés du paradis, l’humanité prend naissance. Je n’ai peut être pas tout perdu ! On continue !
Déclamant, hoquetant, éructant, cristalline … cristalline, se laisser envouter par la voix cristalline, féminine, l’une solitaire dans la lumière, l’autre chante, comme on écoute une musique et parfois quelques mots. Mélodie chaotique à plusieurs registres. Symphonie mais pas opéra, quoique souvent à l’opéra, on ne comprend pas le texte ! C’est cela ! Cette voix qui envoute …
Un travail de voix extraordinaire. Une pièce qui interpelle, questionne ; on commente, on échange… Et si c’était l’objectif ? Pas de langage, pas d’échange, pas de société ! L’auteur a gagné son pari : deux jours après, on en parle encore dans le petit monde du festival de Coye et avec quel outil ? Quelques mots !

27.05.12 Répondre à ce commentaire

Commentaire deMarie Louise

Le public du Festival est vraiment privilégié, le seul à ce jour à avoir vu le spectacle.
Celui-ci est pourtant estampillé « Rousseau 2012 » par le Conseil Général. Mais ni les programmateurs du Festival, ni Jean-Paul Douet, vice-président du Conseil en charge des affaires culturelles, ni les membres de la commission chargée de labelliser les manifestations du tricentenaire, personne n’avait vu ce spectacle. Pour la bonne raison qu’il n’était visible nulle part et que le Festival servirait de cadre à la première représentation.
A Coye-la-forêt on est audacieux, on favorise la création, on donne leur chance à des auteurs contemporains, et c’est bien. « Nous assumons la prise de risque, a reconnu Jean-Claude Grimal à l’issue de la clôture du festival. » Le risque, cette fois-ci, pouvait sembler minime grâce au label du Conseil Général qui doit savoir ce qu’il fait quand il subventionne une manifestation. Soucieux de distribuer les subventions à bon escient, il n’est pas censé cautionner n’importe quel spectacle qui présente sa candidature pour célébrer Rousseau. Le Festival a donc fait confiance et coproduit….
Cela nous a permis d’assister à une loufoquerie authentique.

Par passion pour le théâtre, je vais voir tous les spectacles du Festival. J’aime bien me dire en arrivant au Centre culturel : « Tiens, qu’est-ce qu’il y a ce soir ? » Je n’avais pu assister à la présentation des spectacles le 28 avril, je n’avais pas davantage lu le programme, et si j’emporte dans mon sac la fiche distribuée à l’entrée, ce n’est que pour la lire après spectacle, la lire avec en tête les images, les visages d’acteurs… bref, tout ce que j’ai découvert de mon fauteuil.
Mea culpa !! Ce soir-là, si j’avais lu, j’aurais un peu mieux compris. Cela m’a été signalé ensuite, lors du débat : il fallait lire avant, madame, pour comprendre. Ah bon !
J’ai pourtant reconnu Jean-Jacques Rousseau grâce à la perruque et au costume, mais je n’ai rien compris ni à ce qu’il disait – et ce n’est pas la voix de l’acteur qui est en cause, mais son texte – ni à ce que le spectacle disait.
Pour ceux qui n’auraient rien vu – et vous avez manqué, car on en parlera longtemps : pour illustrer l’essai de Rousseau sur l’origine des langues, l’auteur a imaginé que Jean-Jacques soumet ses enfants à une expérience pour trouver l’origine des langues. L’argument est intéressant sur le papier. Nous en saurions un peu plus sur les idées que développe Rousseau dans son essai, que nous sommes sans doute peu nombreux à avoir lu.

Mais pendant une heure vingt, le malheureux Rousseau – l’année 2012 a dû être terrible pour lui – a été égaré, étouffé, noyé, englouti dans une cacophonie de sons et de mots sans suite. Vainement je cherchais la cohérence, la progression dramatique. Le pauvre homme était présenté comme un être grimaçant, colérique, hurlant. A ses côtés, les acteurs – reconnaissons leur mérite et leur travail, le force de leur voix, l’ardeur de leur interprétation – debout devant nous, ont fait entendre tout à tour une série de borborygmes, d’onomatopées, de mots, de bouts de phrase, de cris d’animaux, dans lesquels se glissaient de temps à autre des phrases de notre philosophe et quelques autres sans lien avec le propos, du style : « Dernières minutes pour embarquement à bord du vol AF 310, last checking for… »

Un quart d’heure de cette expérience aurait pu nous amuser. Tenir une heure vingt sans manifester fut une épreuve. Ma mère m’a bien élevée, sinon j’aurais joint mon bêlement à ceux de la scène – il y avait aussi une chèvre qui bêlait.
Un travail sur les sons, sur la musique des mots, des phonèmes, pourquoi pas ? Cela a été fait. Mais pourquoi Rousseau ? Qu’avait-il fait pour se trouver dans cette galère ? Mourir à Ermenonville ? Ce n’est pas une raison quand même !

27.05.12 Répondre à ce commentaire

Commentaire deJacqueline Chevallier

Ce n’est pas parce qu’on en parle que c’est intéressant, c’est même souvent l’inverse ; le “buzz", la plupart du temps, est un mauvais indicateur.

Si encore c’était une loufoquerie, comme dit Marie-Louise, on aurait pu en rire. Mais c’était d’un sérieux et d’une prétention de plomb. Il n’y avait rien à quoi se raccrocher, les propos étaient abscons, les costumes très laids, les lumières plates. On ne pouvait qu’admirer les efforts des comédiens pour faire vivre ce salmigondis indigeste. Quel gâchis !
On nous explique qu’il faudrait avoir lu la fiche distribuée à l’entrée avant le spectacle pour pouvoir le comprendre ! Et pourquoi pas avoir étudié tout un traité sur le sujet, pendant qu’on y est ? De même qu’on peut choisir de lire la préface après avoir lu le livre, je comprends et trouve légitime de lire la fiche, comme fait Marie-Louise, après avoir vu le spectacle. Quoi qu’il en soit, qu’on se rassure : la fiche distribuée ce soir-là était, elle aussi, indigeste et donnait plutôt envie de quitter les lieux que d’entrer dans la salle ! D’ailleurs la majorité des festivaliers l’ayant subodoré avaient pris cette option et avaient négligé de se déplacer pour “Opéra langue". Quant à le revoir, comme le suggère Catherine Jarrige, non merci, sans façon, même si on m’offre la place !

On peut affirmer, sans trop de prétention, que le public de Coye, habitué du théâtre et nourri depuis des années de spectacles de qualité, est un public avisé. On peut affirmer aussi que très majoritairement ce public est sorti de la salle dépité - pour le moins.
Une chose paraît certaine : les responsables du festival n’auraient jamais de leur plein gré et en toute connaissance de cause fait figurer ce spectacle dans leur programmation ; ils ne sont pas suicidaires ! J’ai eu l’impression que le public de Coye devait servir de cobaye.

Oui, l’art doit être libre, mais la confiance aveugle est-elle de mise lorsqu’il s’agit de fonds publics ? J’ai peine à croire que le conseil général ait pu allouer des subventions substantielles pour ce spectacle en ignorant complètement ce qu’il serait au bout du compte. Je ne comprends pas non plus qu’ayant perçu les subventions en question, les artistes créateurs ne se soient pas sentis redevables d’une production difficile peut-être, mais quand même accessible à un large public (sachant que le public du théâtre est déjà très restreint).

Je suis pour l’aide à la création. Je suis contre la facilité et la démagogie. Mais est-ce normal qu’on alloue des subventions importantes pour un spectacle (au détriment d’autres possibles) qui ne va contenter qu’une poignée d’ intellectuels érudits et qui va dégoûter les neuf dixièmes des spectateurs ? Décidément, je suis perplexe. Il y a là un vrai problème qui mérite réflexion et discussion.

“Opéra langue", c’est l’opposé du théâtre qu’on aime, celui que prônait Jean Vilar, à la fois exigeant et généreux. Le théâtre populaire : il s’agit largement d’une utopie, mais du moins peut-on tendre vers cet idéal, et non pas lui tourner le dos avec la superbe et le mépris que nous autres, pauvres Béotiens qui ne comprenons rien, avons ressenti ce soir-là.

30.05.12 Répondre à ce commentaire

Commentaire de claire vigier

oh, rien que de lire vos articles, je m’amuse! je reconnais que si j’avais été présente au spectacle, je n’aurais ss doute pas tenu le coup, et comme je suis particulièrement mal-élevée, j’aurais pris mes clics et mes clacs; mais quel régal de vous lire le commenter: l’article de Dulmet (le Dr Dulmet de ma jeunesse??)est croustillant, bien écrit, délicat pour ne pas froisser les organisateurs qui se sont qd meme donné le mal d’organiser, bref! un régal! et vos commentaires, mesdames, sont dignes d’un “Masque et la plume”
bravo donc, je ne regrette pas d’etre venu voir ce qu’il se passait au festival, 30 ans après…
bises à tous, à ma gde copine ML, à Alain, à Gabillet(s’il se souvient de moi), à Domenech, et …au docteur, bien sur!
claire (de charentenay)

02.06.12 Répondre à ce commentaire

Commentaire de Sentimancho

Cette pièce est juste une très bonne surprise! J’ai adoré! Merci!

19.09.12 Répondre à ce commentaire

Laisser un commentaire


Cliquez ici pour vous connecter si vous avez déjà un compte sur ce site.
Votre adresse email ne sera pas révélée sur ce site.
(Placer des cookies pour que je n'aie pas à saisir mes infos la prochaine fois)
(Autoriser les utilisateurs à me contacter par un formulaire de message -- Votre adresse email ne sera pas révélée.)
Pomme, ananas, poisson, citron… quel est l’intrus ?

Répondez à la question ci-dessus.
Cette question permet de limiter les spammeurs.
Désolé pour ce désagrément.
Connectez-vous pour éviter cette vérification antispam.
Article précédent
Tous les articles
Article suivant
Tribunes Libres

Urgences

28/07/2026
Notre association

C'est quoi Coye29 ?

27/07/2026
Tribunes Libres

Utopies = 3,1416 ?

25/07/2026
Tribunes Libres

Première semaine pour l’habitat inclusif de l’Oise : Théâtre à Coye-la-Forêt

25/07/2026
Tribunes Libres

A-t-on le droit ?

24/07/2026
Conseils municipaux

Conseil Municipal du 27 avril 2026

24/07/2026
Tribunes Libres

Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?

23/06/2026
Tribunes Libres

Canicules et cacahuètes.

20/06/2026
Tribunes Libres

Les leçons du fumier

12/06/2026
Tribunes Libres

HEPATIK GIRL à Coye-la-Forêt : humour et habitat inclusif avec l’APAJH Oise

02/06/2026
Festival théâtral

Corpus Machin

30/05/2026
initiative citoyenne

Un arrêté pour faire semblant

30/05/2026
Tribunes Libres

Du pain et des roses !

30/05/2026
initiative citoyenne

Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence

15/05/2026
Festival théâtral

Toutes les choses géniales

15/05/2026
Festival théâtral

Il n’y a pas de Ajar

15/05/2026
Vie municipale

La lettre de Coye de ce mois

06/05/2026
initiative citoyenne

Pour faire cesser le dépôt de fumier route de Lamorlaye : lettre ouverte au maire

23/04/2026
Tribunes Libres

Le muguet

23/04/2026
Tribunes Libres

Les associations, c’est politique

21/04/2026

Commentaires récents

  • pipo sur Urgences
  • Françoise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Jacqueline Chevallier sur Urgences
  • Marie-Louise sur A-t-on le droit ?
  • Marie-Louise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Françoise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Françoise sur A-t-on le droit ?
  • Jacqueline Chevallier sur Le muguet
  • Jacqueline Chevallier sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Françoise sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Céline sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Françoise sur Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence

Coye29 en chiffres

Depuis 2008

953 Billets
1 146 Commentaires
104 Auteurs

18 ans de vie locale

Rechercher

Archives

  • Juillet 2026 (6)
  • Juin 2026 (4)
  • Mai 2026 (7)
  • Avril 2026 (6)
  • Mars 2026 (13)
  • Février 2026 (25)
  • Janvier 2026 (2)
  • Décembre 2025 (4)
  • Novembre 2025 (1)
  • Octobre 2025 (1)
  • Septembre 2025 (1)
  • Août 2025 (1)
  • Plus...

©2026 by La Rédaction • Contact • Aide Charte d'utilisation

Community software
Les cookies sont nécessaires pour activer les fonctionnalités principales du blog coye29.

Vos choix sur Coye29

Gestion des cookies

Nécessaires Connexion, sécurité et mémorisation de votre choix. Toujours actifs.
Toujours