Accueil Coye29BlogAlbumsPhotos du FestivalContactS'inscrireSe connecter
  • Accueil Coye29
  • Blog
  • Albums
  • Photos du Festival
  • Contact

  • S'inscrire
Le Blog Coye29
Festival théâtral

Des nouvelles de notre festival

Des nouvelles de notre festival
Par Jacqueline ChevallierLe 12/10/2021Dans Festival théâtral

Ma chère amie,

Vous n'imaginez pas comme je me désole que vous soyez malencontreusement éloignée de Coye-la-Forêt, juste en ce moment, alors que se déroule, en cette saison d'automne, notre festival théâtral habituellement printanier.

Vous m'en demandiez des nouvelles. Comme les autres années, nous y allons tous les soirs afin de ne surtout pas manquer la pièce qu'il faut avoir vue. Il n'y a rien qui me contrarierait plus que de m'entendre dire : « Ah ! quel dommage vous n'avez pas vu ça, c'était assurément le plus beau spectacle du festival cette année. » Par exemple, j'aurais été dépitée si je n'avais vu "Dans la peau de Cyrano" la semaine dernière ; tout comme les années précédentes j'ai pu être éblouie par le jeune batteur plein de fougue qui jouait "La vie sur mesure" ou " L'apprentie sage-femme" dont la comédienne qui jouait le rôle manifestait une joie si communicative. Je cite ceux-là, mais je pourrais en donner quantité d'autres qui, au fil des ans, nous ont enthousiasmés. Ainsi, nous voyons tous les spectacles, histoire de ne rien manquer, et je dois dire qu'il est très rare que nous soyons déçus, car la programmation fait preuve d'exigence et les spectacles sont de qualité.

Des nouvelles de notre festivalL'autre soir, une surprise ! Madame Muir était précisément aux prises avec un fantôme dans une maison hantée. C'était un tantinet suranné, et même totalement improbable en ce lieu, au point que c'en était presque drôle. Nous en avons ri en sortant. Certes le propos se voulait féministe, s'agissant d'une femme qui revendique son indépendance et ne veut plus se laisser dicter sa conduite par les hommes. On ne pouvait qu'applaudir à cette revendication qui résonnait assez bien avec l'actualité ; mais le propos est une chose, le traitement en est une autre. La troupe ne s'embarrassait pas d'accessoires, ayant déjà bien à faire à déplacer les meubles dans le noir chaque fois que l'action était censée se dérouler dans un autre lieu. Les tasses en porcelaine ne risquaient pas d'être cassées lors de ces transports multiples, non plus que la théière : les gestes étaient mimés, depuis la consultation des documents chez le notaire jusqu'à l'ouverture de la fenêtre. On a juste vu apparaître, très concrètement, une liasse de papier blanc et un appareil photographique, on ne sait trop pourquoi, peut-être pour signifier qu'il s'agissait de la passion respective des deux personnages qui les maniaient. Il m'a semblé entendre un cliquetis de machine à écrire tandis que Madame Muir faisait mine de tremper une plume dans un encrier. Il n'y avait pas de décor non plus. Je sais bien que le spectateur doit faire un effort, je veux bien imaginer un jardin verdoyant à la place de tous ces rideaux noirs, mais en l'occurrence, comment vous dire ?, ça donnait une impression de pauvreté. Il est vrai que cette charmante Madame Muir vivait chichement, au point d’avoir congédié sa très dévouée domestique. Le budget consacré aux costumes en revanche devait être assez conséquent car nous avons eu droit à un beau défilé de toilettes, de bonne qualité, très seyantes, pour le jour et la nuit, la ville et l'intérieur, les dessus et les dessous. Dans cette mise en scène conventionnelle, seule l'action de monter et descendre l'escalier en colimaçon – lequel était délimité par un rond de lumière au sol – faisait preuve d'un peu d'inventivité. Je vais vous sembler bien sévère. Ne croyez pas cela ! Non, très sincèrement, les costumes de tous les personnages étaient beaux et les acteurs, qui pour certains jouaient plusieurs rôles, le faisaient avec discernement, conviction et subtilité. Nous nous sommes divertis, mais c'était une surprise assurément de trouver ici – où se montent souvent des spectacles jeunes, qui bousculent et chahutent – un théâtre un peu vieillot tel qu'on pouvait le concevoir au siècle dernier. Vous l'aurez compris, nous n'avions pas affaire à la pointe de l'avant-garde théâtrale. Mais nous-mêmes, ma chère amie, ne sommes-nous pas un peu dépassées dans notre manière d'écrire ?

Des nouvelles de notre festivalLe lendemain, avec "Pour le meilleur et pour le dire", nous avons continué dans le genre du théâtre que je dirai "bourgeois", c'est-à-dire conformiste et traditionnel dans son mode de représentation, mais cette fois-ci c'était dans la plus pure tradition du théâtre de boulevard, avec intrigues, quiproquos, bons mots, entrées-sorties et "happy-end", comme disent nos voisins d'Outre-manche. C'était alerte, enlevé, drôle. Le dispositif scénique était assez laid, mais astucieux et efficace. Là aussi nous avons assisté à un défilé de mode, le personnage de la psychanalyste, notamment, avait une belle collection de pull-overs. Au moment des applaudissements, une musique entraînante, bien scandée, était diffusée dans la salle, pour nous inviter à frapper en chœur et en mesure. Vous me connaissez suffisamment pour deviner que je trouve le procédé manipulatoire. Dès que j'en ai pris conscience, je me suis arrêtée de taper dans les mains. Mais la foule était enthousiaste. En sortant, une spectatrice, fidèle de la première heure, me souffle : « Le festival change.» Mon mari répond : « Allez, il ne faut pas bouder son plaisir.» Certes, certes... mais il n'y a aucun doute que jamais ce genre de pièce n'aurait été programmé il y a quelques années. Que dire ? Nous sommes un samedi soir, la salle est pleine et le monde rit de bon cœur. Je veux bien croire qu'il n'est pas facile de naviguer entre élitisme et démagogie et d'éviter les écueils d'un côté comme de l'autre. Oh ! mais voilà que j'emploie de bien grands mots ! Pardonnez-moi, je ne veux pas vous assommer avec mes réflexions.

Des nouvelles de notre festivalVoilà, chère amie, quelques échos de notre festival qui, cette année se poursuit une semaine encore afin de rattraper nos deux printemps de privation. Ce n'est pas tout à fait comme d'habitude, la nuit est tombée quand nous nous y rendons, il commence à faire fais. Arrivés au centre culturel, il nous faut passer toutes sortes de barrières : à l'entrée, une armée de bénévoles manie des petits engins noirs qui clignotent et examine avec cet instrument mystérieux des petits dessins noirs et blancs, mystérieux eux aussi, qui indiquent, paraît-il, que nous avons accompli toutes les formalités nécessaires pour être autorisés à entrer dans la salle. Je crois vraiment qu'ils s'amusent avec leurs petits joujoux, car franchement, au bout de quinze jours, ils nous connaissent et ils savent bien que nous sommes en règle. Nous nous prêtons au petit jeu sans bien comprendre, mais sans rechigner non plus, ayant bien conscience que c'est une chance absolument extraordinaire d'avoir ce festival dans notre modeste village.

Je vous adresse mes meilleures pensées et espère que la prochaine fois, c'est à dire en mai prochain, vous pourrez vous joindre à nous pour goûter chaque jour le plaisir renouvelé du "spectacle vivant", comme ils disent.

Bien à vous,

Mathurine

 

Sur le même sujet

  • Des micros au 42e festival théâtral : les voix s'élèvent !
  • Quelques mots sur notre festival
Partager X WhatsApp Courriel

Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire


Cliquez ici pour vous connecter si vous avez déjà un compte sur ce site.
Votre adresse email ne sera pas révélée sur ce site.
(Placer des cookies pour que je n'aie pas à saisir mes infos la prochaine fois)
(Autoriser les utilisateurs à me contacter par un formulaire de message -- Votre adresse email ne sera pas révélée.)
Pomme, ananas, poisson, citron… quel est l’intrus ?

Répondez à la question ci-dessus.
Cette question permet de limiter les spammeurs.
Désolé pour ce désagrément.
Connectez-vous pour éviter cette vérification antispam.
Article précédent
Tous les articles
Article suivant
Tribunes Libres

Urgences

28/07/2026
Notre association

C'est quoi Coye29 ?

27/07/2026
Tribunes Libres

Utopies = 3,1416 ?

25/07/2026
Tribunes Libres

Première semaine pour l’habitat inclusif de l’Oise : Théâtre à Coye-la-Forêt

25/07/2026
Tribunes Libres

A-t-on le droit ?

24/07/2026
Conseils municipaux

Conseil Municipal du 27 avril 2026

24/07/2026
Tribunes Libres

Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?

23/06/2026
Tribunes Libres

Canicules et cacahuètes.

20/06/2026
Tribunes Libres

Les leçons du fumier

12/06/2026
Tribunes Libres

HEPATIK GIRL à Coye-la-Forêt : humour et habitat inclusif avec l’APAJH Oise

02/06/2026
Festival théâtral

Corpus Machin

30/05/2026
initiative citoyenne

Un arrêté pour faire semblant

30/05/2026
Tribunes Libres

Du pain et des roses !

30/05/2026
initiative citoyenne

Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence

15/05/2026
Festival théâtral

Toutes les choses géniales

15/05/2026
Festival théâtral

Il n’y a pas de Ajar

15/05/2026
Vie municipale

La lettre de Coye de ce mois

06/05/2026
initiative citoyenne

Pour faire cesser le dépôt de fumier route de Lamorlaye : lettre ouverte au maire

23/04/2026
Tribunes Libres

Le muguet

23/04/2026
Tribunes Libres

Les associations, c’est politique

21/04/2026

Commentaires récents

  • pipo sur Urgences
  • Françoise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Jacqueline Chevallier sur Urgences
  • Marie-Louise sur A-t-on le droit ?
  • Marie-Louise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Françoise sur Conseil Municipal du 27 avril 2026
  • Françoise sur A-t-on le droit ?
  • Jacqueline Chevallier sur Le muguet
  • Jacqueline Chevallier sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Françoise sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Céline sur Concession ou trahison ? Sagesse ou inconscience ?
  • Françoise sur Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence

Coye29 en chiffres

Depuis 2008

953 Billets
1 146 Commentaires
104 Auteurs

18 ans de vie locale

Rechercher

Archives

  • Juillet 2026 (6)
  • Juin 2026 (4)
  • Mai 2026 (7)
  • Avril 2026 (6)
  • Mars 2026 (13)
  • Février 2026 (25)
  • Janvier 2026 (2)
  • Décembre 2025 (4)
  • Novembre 2025 (1)
  • Octobre 2025 (1)
  • Septembre 2025 (1)
  • Août 2025 (1)
  • Plus...

©2026 by La Rédaction • Contact • Aide Charte d'utilisation

Multi-blog engine
Les cookies sont nécessaires pour activer les fonctionnalités principales du blog coye29.

Vos choix sur Coye29

Gestion des cookies

Nécessaires Connexion, sécurité et mémorisation de votre choix. Toujours actifs.
Toujours